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Je suis également heureux

Je suis également heureux de voir cet article comme première publication d'une membre de Koumbit, c'est selon moi fort significatif et démontre une réelle ouverture, fidèle à notre principe de Transparence. Je tiens cependant à souligner quelques points qui me viennent à l'idée à la lecture de l'article et des commentaires sous-jacents, sans vouloir prendre, a priori la défense de Koumbit en tant que tel.

Mises au points factuelles

Je veux tout d'abord essayer de faire une mise au point factuelle sur certains points énoncés concernant le fonctionnement de Koumbit. La théorie énoncé voulant que "les décisions dans le Conseil administratif sont essentiellement prises par des hommes" est selon moi abusive: lors de l'étude de Anne Goldenberg, le CA était entièrement composé d'hommes, ce qui expliquerait évidemment une telle situation. Celle-ci a depuis complètement changé: le CA est maintenant composé de 3 femmes et 4 hommes (source). De plus, les décisions de tous les comités, CA inclus, ne sont jamais prises unilatéralement. On cherche d'abord le consensus et, dans des cas exceptionnels, un vote est demandé. (Le CA fait d'ailleurs figure d'exception parmi les comités en ce fait qu'il est explicitement précisé que les décisions se font à majorité simple.) On pourrait peut-être avancer que les propositions sont majoritairement amenées par des hommes (et encore là, il faudrait plutôt examiner les rapports entre "anciens" et "nouveaux" plutôt qu'entre "femmes et hommes" à ce niveau), mais énoncer que les hommes prennent toutes les décisions est inexact.

Je crois qu'il est aussi un peu exagéré de prétendre que les femmes cherchent systématiquement plus le compromis que les hommes. Il y a des têtes fortes des deux côtés du troupeau. D'ailleurs, je crois comprendre que cette notion se dégage d'une citation issue d'une interview extraite de l'ethnographie de Anne Goldenberg (dont j'invite tous les membres à faire la lecture) où il est dit également que "vraisemblement, hommes et femmes perçoivent les femmes comme moins pourvues de capacité d'argumentation" et que "par souci d'équité, plusieurs fois, les hommes insistent pour laisser la parole aux femmes". Le fait que seulement la citation "que les filles cherchent plus un compromis" ressorte dans l'article ici est un peu déconcertant pour tous ceux qui travaillent au sein de l'organisation et qui luttent toujours ensemble et contre eux-mêmes pour arriver à un consensus, hommes et femmes confondu(e)s... Pour garder les choses en contexte, la fameuse citation émane d'une seule des personnes interviewés durant l'ethnographie et ne semblait pas du tout faire consensus durant notre discussion d'aujourd'hui.

Histoire des débats de genre

Ensuite, je crois qu'il est important de souligner que les débats de genre sont relativement récents dans la communauté du libre. Le féminisme remonte beaucoup plus loin que les enjeux et combats de genre dans le logiciel libre et les communautés informatique et on a parfois tendance à mélanger les deux initiatives. Par exemple, Debian Woman, une organisme phare chez les militants du genre libre, a été fondé en mai 2004, soit quelques mois seulement avant la fondation officielle de Koumbit. Je ne vois donc pas très bien comment le principe de "féminisme" aurait pu, par exemple, faire partie des principes fondateurs de Koumbit. Il est d'ailleurs à noter que malgré nos efforts à cette époque, aucune femme n'était présente lors de la modeste première journée de réflexion de Koumbit où les principes fondateurs ont été établis.

Le passé et le futur

Mis à part les débats de genre et la façon qu'ils sont reflétés dans l'organisation, je considère difficile de la part d'une "gang de gars" de discuter de l'exclusion de "femmes" de l'organisation. On manque cruellement d'information sur beaucoup de choses dans Koumbit, assez ironiquement, considérant la masse d'information amassée durant les 4 dernières années dans le wiki et les 14 autres outils. Je peux cependant m'aventurer à souligner des points communs au départ des quelques femmes qui ont fréquenté l'organisation: toutes étaient impliquées en design graphique, une discipline relativement nouvelle dans l'organisation. Quoique complémentaire et s'agençant bien avec les autres, le graphisme ne fait pas partie de ce que je pourrais appeler les "disciplines fondatrices" de Koumbit: l'hébergement (ou le "sysadmin") et le développement web (ou la "programmation"). Nous espérons cependant que Koumbit fournit l'espace pour créer de nouvelles disciplines du genre dans l'organisation et l'histoire l'a prouvé. Jamais je n'aurais pensé un jour faire de la vente, de la comptabilité et de l'organisation communautaire, mais ce sont néanmoins des disciplines clés et indispensables dans l'organisation à ce stade-ci. J'ai donc peine à expliquer le "relâchement" ou le ralentissement du graphisme chez Koumbit, mais j'aurais tendance à plus pointer du doigt cette circonstance principalement economico-technique qu'une question de genre pour expliquer le départ (momentané, je crois) des femmes de Koumbit.

Je crois donc qu'une façon de favoriser l'inclusion de plus de "variété de genre" (car il ne s'agit pas en fait question seulement d'homme et de femme mais bien de genre) serait de travailler à faciliter le renouveau du secteur graphique chez Koumbit. Des budgets sont d'ailleurs toujours présents et disponibles à cet usage au sein de l'organisation et je crois que nous devrons considérer cette question plus large lors de l'évaluation du prochain budget afin de s'assurer de garder cet espace ouvert, et en fait plusieurs espaces ouverts afin de permettre à tous d'intégrer leurs projets et leur personne au sein de l'organisme.

Une telle mesure n'est probablement pas suffisante en soit pour s'assurer, par exemple, d'enrayer les problèmes de genre qu'il pourrait exister au sein de Koumbit (et encore là: il faudrait justement s'assurer de cibler des objectifs clairs à remplir, ou du moins des métriques pour mesurer la réalisation de l'objectif). Une liste des choses à faire et ne pas faire ne sera pas non plus d'un grand secours, pas plus, selon moi, que la discrimination positive que risquerait fort de créer des tensions et qui reste après tout... de la discrimination.

En solidarité...

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